L'association
L'image comme outil d'éducation
L'ALPHABÉTISATION est une des clés du développement d’une personne ; elle permet de la rendre autonome et consciente du monde qui l’entoure. L’image, médium contemporain et familier de la population, est un outil efficace pour apprendre à lire et à écrire, en mettant en relation le visuel et l’écrit. Par ailleurs, dans une société de l’écran, dominée par la consommation des images, il est important de déchiffrer les codes de représentation qui nous entourent et de devenir actif dans notre réception des images.
Il n’est pas envisageable de rouvrir des salles de cinéma sans éducation à l’image, ni sensibilisation à la cinématographie et sans réapprendre à se rendre dans les salles noires. Il n’est pas envisageable de rouvrir des salles qui ne soient accessibles qu’à une élite, quand la majorité de la population africaine est privée de l’accès à la culture. Afin que le public puisse s’approprier l’espace culturel et ses contenus, il faut aller à sa rencontre, le convaincre et l’accompagner.
Une demande de plus en plus forte pour une offre qui disparaît
LES SALLES FERMENT LES UNES APRÈS LES AUTRES MALGRÉ UN PUBLIC QUI FAIT PREUVE D'UN ENGOUEMENT GRANDISSANT POUR L'IMAGE. Les trop rares séances de cinéma en plein air ne suffisent pas à palier au manque. On constate en effet que les séances de TV collectives, les ventes de vidéos à la sauvette et les offres de vidéoclubs ne cessent d'augmenter. Ce marché parallèle court-circuite les réseaux de distribution.
« Notre cinéma n’a plus de maison »
Idrissou Mora Kpaî, Cinéaste, Bénin
Des salles emblématiques des capitales africaines ont été détruites ou fermées : Le Paris à Dakar, Les studios à Abidjan ou, très récemment, l'Abbia à Yaoudé. Ainsi le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun viennent rejoindre la longue liste des pays africains privés de salles de cinéma.
Les salles représentent la condition sine qua non de l'existence d'un marché du cinéma en Afrique en donnant notamment à voir le cinéma africain. En effet, AUJOURD'HUI IL EST PLUS FACILE DE VOIR UN FILM AFRICAIN EN EUROPE QUE SUR LES ÉCRANS AFRICAINS. Il est important que le public africain puisse renouer avec les images qui le représentent et qui construisent sa mémoire commune, son inconscient collectif…
© Marion Stalens
Le cinéma, créateur de lien social
Rien ne remplace l’expérience d’un film vu en salle et le fait d’être rassemblés pour partager cette expérience. Dans le noir tous sont assis pour que se joue une émotion commune, un partage qui a un sens et une fonction sociale. On va au cinéma pour partager et pour se comprendre soi-même parce qu’on a soif de se connaître.
UN PEUPLE SANS CINÉMA C'EST COMME UNE PERSONNE SANS MIROIR. Il est rassurant d'avoir peur ensemble et constructif de rêver ensemble.
Il est important de réouvrir des lieux de rencontres et de partage, qui fédèrent et tissent le lien social.
Une filière cinématographique à restructurer
SANS SALLES DE CINÉMA À QUI VENDRE LEURS FILMS, LES PRODUCTIONS AFRICAINES ONT DU MAL À EXISTER.
C’est donc la chaîne cinématographique africaine toute entière qui pâtit de cette absence. La structuration et la pérennisation du secteur professionnel passe, selon nous, par la mise en réseau des compétences, des projets et des œuvres, par la formation d’un personnel compétent et autonome et par l’échange et la collaboration entre professionnels du secteur culturel de différents pays africains.
Création de l’association
L’association Des Cinémas pour l’Afrique a été créée en janvier 2009 à l’initiative du cinéaste Abderrahmane Sissako (En attendant le bonheur, La Vie sur terre, Bamako).
Elle a été présentée en avant-première lors de la 40e édition du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, Burkina Faso), puis au Festival de Cannes 2009, à l’occasion duquel Juliette Binoche en est devenue la vice-présidente.
En 2010, le Conseil d’Administration de l’association s’est élargi, accueillant des personnalités du monde du cinéma et de la culture, telles que Thierry Frémaux, Directeur délégué général du Festival de Cannes, Raoul Peck, Président de la Fémis ou encore Claude-Eric Poiroux, Directeur d’Europa Cinemas, Elisabeth Tchoungui, journaliste, Gabrielle Von Brochowski, conseillère pour la culture en Afrique...


